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64eme festival de Cannes, qualifié pour la 2eme semaine

Cannes, c’est un peu comme Rolland-Garros, √ßa dure deux semaines, il y¬†a une comp√©tition et du glamour,¬†les peoples se font bronzer et Jean-Paul Belmondo est l√†… Autre point commun: le virage de la 2eme semaine est g√©n√©ralement assez compliqu√©, on croit avoir commenc√© √† prendre un petit rythme, on a pris confiance et on n’est donc pas √† l’abri d’un petit d√©rapage incontr√īl√©!

L'ApollonidePrenez mon cas par exemple: j’avais pour l’instant bien r√©ussi √†¬†enchainer les soir√©es jusqu’au¬†lever du jour (ou presque)¬†et les s√©ances de 8h30 du matin, j’√©tais plut√īt fier de moi et patatras, en ce lundi matin, incapable d’entendre mon r√©veil sonner pour LE film le plus attendu de la comp√©tition, Tree of Life de Terrence Malick! J’avoue que je suis presque soulag√© d’avoir √©chapp√© √† un long trip sensoriel et religieux de plus de 2h.¬†Je me connais, j’aurais probablement lutt√© et piqu√© du nez¬†pour finalement abdiquer et¬†sombrer dans un sommeil profond. Et c’est peu de dire que le film divise entre les conquis qui crient au chef d’oeuvre et les plus sceptiques, d√©cus et d√©sorient√©s.

J’√©mergeais donc p√©niblement de mon sommeil aux alentours de 11h30 (oui,¬†je commence mes¬†journ√©es plus tard)¬†pour aller faire un tour dans la maison close de Bertrand Bonello. L’Apollonide – c’est son nom – est un tableau assez statique de 2h.¬†Non pas que je ne vais pas au cin√©ma¬†aussi¬†pour voir de belles images mais l√† j’ai eu l’impression de m’asseoir sur une banquette de mus√©e et que le r√©alisateur/peintre s’assurait bien que je vois tous les d√©tails de sa toile. Alors oui, il y a des filles toutes nues dont Hafsia Herzi mais √ßa ne suffit pas¬†√† sortir le spectateur de sa l√©thargie.¬†Plus grave, le plan final qui sous entend que c’√©tait quand m√™me mieux d’√™tre une prostitut√©e √† la fin du XIXeme si√®cle (malgr√© des conditions d’hygi√®ne¬†assez limites)¬†qu’une pute sur le trottoir aujourd’hui.¬†D√©sol√©, Monsieur Bonello mais votre analyse soci√©tale,¬†franchement, on s’en passe¬†– pour rester poli.

Il fait tellement beau que j’opte pour l’option ¬ę¬†l√©zardage sur la plage¬†¬Ľ (oui je fais des¬†rimes, je sais) pour bronzer un peu et¬†tenter d’effacer¬†des cernes de plus en plus marqu√©es – je ne compte plus mes heures¬†de sommeil en retard que je¬†rattrape parfois involontairement dans les salles obscures –¬†on ne se moque pas!

Apr√®s cette petite pause¬†estivale – le sable, la mer, les¬†jolies filles, on oublierait presque pourquoi on est l√† – direction¬†le¬†Miramar et la Semaine de la Critique (que je fr√©quente plus que l’an dernier, diff√©rence de badge oblige alors que je d√©laisse presque compl√®tement la Quinzaine des R√©alisateurs) pour un premier film venu d’Australie, Snowtown de Justin Kurzel ou le parcours d’un¬†des pires serial killers de l’histoire du pays.¬†La pr√©sentation par un critique de Positif, membre du comit√© de s√©lection de la Semaine, laissait esp√©rer le meilleur, un thriller noir, violent et sans concessions.¬†Las, Snowtown s’enfonce dans une mise en sc√®ne chichiteuse et clippesque avec une foule de personnages mal pr√©sent√©s et difficilement identifiables.¬†Au-del√† d’une unique sc√®ne de torture qui a provoqu√© la sortie pr√©cipit√©e d’une dizaine de spectateurs, le film ne provoque ni rejet ni adh√©sion, seul l’ennui gagne rapidement et c’est avec soulagement que les lumi√®res se rallument apr√®s deux longues erreurs assez assommantes.

Selah Sue en concert a CannesSentant que cette journ√©e ne serait pas tr√®s productive au niveau cin√©ma, je me laissais tenter par une nouvelle exploration consciencieuse de la nuit cannoise qui sera en l’occurence tr√®s rock et funk.¬†Je commence par un long ap√©ro tr√®s festif √† la Villa Inrock avec d√©licieux cocktails, concert de Saul Williams et photomatons joyeux.¬†L’endroit, sur les hauteurs de la ville, est aussi cosy que convivial.¬†Par un heureux hasard, en redescendant vers le centre, je me vois proposer avec mes compagnes de vir√©e (oui, je suis tr√®s bien accompagn√©) une soir√©e du cin√©ma belge sur le toit du Radisson.¬†Et, vu mon attrait pour le plat pays, moi qui ait v√©cu plus d’un an √† Bruxelles, je ne me voyais pas refuser cette invitation.¬†Autre ambiance: cocktail tr√®s chic (je d√©pareille en jeans chemise au milieu des smokings et robes de soir√©es) avec champagne et petit four et surtout deux concerts surprises g√©niaux: Selah Sue et Puggy.¬†Apr√®s une derni√®re coupe, il √©tait grand temps de rentrer les yeux aussi plein d’√©toiles que le ciel de la c√īte d’Azur.

A demain pour un mardi beaucoup plus ciné et une montée des marches en smoking!

Emmanuel Pujol

avatar A propos de l'auteur : Emmanuel Pujol (218 Posts)

Fou de cinéma et fou tout court, Emmanuel écrit pour Fan-de-cinema.com, se fait filmer dans Après la Séance et mange, dort, vit cinéma 24 heures/24! De films en festivals, il ne rate rien de l'actu ciné pour vous faire partager ses coups de coeur et ses coups de gueule...


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