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Interview exclusive de Josef Hader, l’’acteur principal de Bienvenue à Cadavre-Les Bains

Le téléphone sonne, l’attachée de presse du film Bienvenue à Cadavre-Les-Bains me demande ce que j’ai pensé du film, vu la veille en projection de presse. Je lui réponds que j’ai beaucoup aimé ce polar très noir, cynique et drôle. Elle me propose alors de rencontrer Josef Hader qui, pour la 3eme fois, se glisse dans la peau du détective Brenner, un antihéros laconique et taciturne… Je retrouve l’acteur dans la jolie cour arborée de MK2. Détendu et souriant, il répond en anglais à mes questions avant de filer à l’avant-première du film… Entretien

Josef Hader

Josef Hader

Fan-de-cinema : Cela fait maintenant 10 ans que vous avez interprété pour la première fois ce personnage. Qu’est ce qui vous a attiré chez lui ?

Josef Hader : Je me souviens avoir dit aux deux autres scénaristes du film, Wolf Haas (NDLR : l’écrivain des polars dont les films sont tirés) et Wolfgang Murnberger (NDLR : également réalisateur) que je ne ferais ce rôle que si on supprimait 50% de ses dialogues car, dans le premier script, il parlait trop. En fait, je le vois comme quelqu’un de très renfermé et j’aime jouer ce genre de personnages. Je pense qu’il est déçu par sa vie, ce qu’elle est devenue: il a une petite cinquantaine d’années, il n’a pas de famille, pas de succès, pas d’amis, il n’a pas grand-chose en réalité. Bien sur – et heureusement, je ne suis pas dans la même situation que lui mais je la comprends très bien. Il est à un moment charnière de sa vie mais il n’arrive pas à être lucide : plutôt que se remettre en question, il maudit le monde entier comme un enfant immature.

F-d-c : Justement, comment le personnage a-t-il évolué en 10 ans ?

JH : En fait, l’évolution du personnage dépend surtout de l’histoire que l’on veut raconter, de l’adaptation plus au moins fidèle au roman, des libertés que nous sommes autorisés à prendre… Mais Josef Haas est très gentil avec nous, il ne nous fixe quasiment aucune limite. Ensuite, nous nous demandons quel genre de film nous voulons faire. Et dans un 2eme temps, après avoir posé les bases du scénario, nous déterminons comment va se comporter Brenner. Et en l’occurrence, dans Cadavre-les-Bains, nous voulions qu’il s’ouvre un peu au monde extérieur.

F-d-c : Le film est justement un mélange de beaucoup de genres : film noir, satire sociale et même comédie romantique. Est-ce que cela a été difficile de trouver le bon équilibre entre tous ces éléments ?

JH : En fait, pour Wolfgang et moi, ca serait plus difficile de se cantonner à écrire un vrai film de genre. Nous aimons ces mélanges. J’écris aussi des one-man-shows et ils sont toujours tragi-comiques. Quand à Wolfgang, ses premiers succès en tant que réalisateur ont été des films très libres où l’important était de raconter une histoire, pas de se concentrer sur un genre en particulier. Tout ce qui pouvait arriver arrivait ! En plus, nous aimons l’idée qu’une histoire puisse surprendre le public en prenant des virages inattendus. Donc, pour nous, il parait presque évident de mixer tous les éléments dont vous avez parlé dans le même film.

F-d-c : Le film fait penser en certains points à Fargo des frères Coen. Quand vous écrivez le scénario, vous avez des références en tête ?

JH : En réalité, le fait que l’histoire se déroule en hiver n’était pas prévu. Ca ne s’est fait comme ca que parce que Birgit Minichmayr n’était pas disponible plus tôt !!! Nous avons écrit 8 versions du scénario en 2 ans. Chacun de nous écrivait une version et les autres la relisaient avec un œil critique et ainsi de suite. Au fur et à mesure, les personnages se sont affinés, le casting se mettait en place.

F-d-c : D’où vous vient ce coût pour l’humour noir très présent dans le scénario ?

Bienvenue à cadavre les bainsJH : Je pense que cet humour est typiquement viennois, il est totalement apparenté à l’humour juif d’où le lien avec les frères Coen. Cet humour est très ironique : il vaut mieux rire des horreurs qui peuvent nous arriver qu’en pleurer.

F-d-c : Le premier film se déroulait à Vienne, le suivant à Salzbourg, celui-ci en pleine campagne autrichienne. Avec quel office de tourisme allez-vous vous fâcher pour le 4eme épisode des aventures de Brenner ?

JH (rires) : Il se pourrait bien que ce soit celui de Graz puisque nous voudrions adapter le roman Das ewige Leben (en français, La vie éternelle). Mais rien n’est encore définitivement arrêté. Quoiqu’il arrive, nous attendrons deux ans avant de nous mettre au travail. Nous ne voulons pas nous précipiter, nous ne voulons pas faire simplement une série, nous souhaitons vraiment rendre chaque film unique et différent du précédent.

F-d-c : Dans le film, seules les femmes semblent représenter la bonté et l’espoir ! C’était une volonté précise ou c’est un hasard ?

JH : En réalité, tout a découlé une fois encore du scénario. Nous tenions à l’histoire d’amour entre Brenner et la belle-fille de l’aubergiste. Ensuite, nous avions également besoin d’un second personnage très marquant, en l’occurrence le meurtrier. Ce que vous décrivez s’est donc imposé à nous par la force de l’histoire.

F-d-c : Dernière question, essentielle pour qui a vu le film, avez-vous remangé du poulet frit à la viennoise ou du goulasch depuis la fin du tournage ?

JH : Je dois vous avouer que ce ne sont pas mes plats préférés. Donc, ca va, je ne suis pas traumatisé. Et puis mon personnage dans le film ne mange finalement que peu de poulet. Mais l’avantage de notre métier d’acteur, c’est seulement de vous faire croire que ce qui est à l’écran est vrai mais ce n’est heureusement pas le cas (rires).

Emmanuel Pujol

Question bonus (SPOILER) : Qu’arrive-t-il au Russe à la fin du film ?

JH : Ah ça, c’est une excellente question ! Pendant toute l’écriture du scénario, nous avons eu ce problème. Finalement, nous avons décidé de le laisser là où il était et nous laissons aux spectateurs la possibilité d’imaginer ce qu’il devient…

avatar A propos de l'auteur : Emmanuel Pujol (218 Posts)

Fou de cinéma et fou tout court, Emmanuel écrit pour Fan-de-cinema.com, se fait filmer dans Après la Séance et mange, dort, vit cinéma 24 heures/24! De films en festivals, il ne rate rien de l'actu ciné pour vous faire partager ses coups de coeur et ses coups de gueule...


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Une Réponse pour "Interview exclusive de Josef Hader, l’’acteur principal de Bienvenue à Cadavre-Les Bains"

  1. avatar Dnlx dit :

    L’histoire qui se tisse toute seule j’y crois peu alors humilité ou fausse modestie ce Josef hader ?