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Le pensionnat, de Songyos Sugmakanan, au cinéma le 22 Août 2007

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L’histoire

Le pensionnatJe me souviens très bien de la première fois où j’ai quitté la maison… J’avais 12 ans et j’étais en classe de 5ème.

En plein milieu du semestre, mes parents m’ont transféré dans une nouvelle école.

C’est mon père qui cherchait à m’éloigner de la maison, et de lui plus exactement. Cela peut vous sembler curieux, mais moi, cela ne me surprend pas, car je suis le seul à connaître son secret…

Être transféré en plein milieu du semestre, c’est quelque chose de vraiment cruel.

Je dois m’habituer à de nouveaux élèves, de nouveaux cours et à un nouveau dortoir dans lequel je ne me sens pas à l’aise.

Le pire, c’est le nouveau lit dans lequel je dors. Qui sait combien de personnes y ont dormi avant moi ?

Une rumeur dit que pendant des années, il y eut une piscine dans cette école où s’amusaient tous les élèves.

Mais elle a fermé le jour où l’un d’entre eux se noya…

Croyez-vous à cette histoire ?

Je connais un secret. Si vous me promettez de ne le répéter à personne, je vous le dévoilerai…

Paroles de réalisateur (Songyos Sugmakanan)

Le pensionnatAvec LE PENSIONNAT, vous vous intéressez une fois de plus à une histoire liée à l’enfance, pourquoi ?

Ce film s’inspire de mes propres expériences lorsque j’étais enfant et je désirais absolument les partager avec le public. Comme le personnage principal, Tôn, j’ai été envoyé en pension par mon père alors que je ne voulais absolument pas m’éloigner de mon environnement habituel. Mais après y être resté pendant trois ans, quelque chose en moi a changé. Plus tard, mon père a voulu que je retourne à Bangkok pour faire mes études, mais finalement, je ne voulais plus y retourner. Cette expérience, loin de ma famille, avait été en quelque sorte, une très bonne chose, qui m’a permis d’évoluer, de grandir…

Pourquoi avoir choisi de faire du PENSIONNAT un film fantastique psychologique plutôt qu’un drame ou une comédie dramatique réaliste ?

Je voulais montrer qu’en Thaïlande, être seul dans un pensionnat peut éveiller des peurs très profondes. Mais la partie véritablement fantastique du PENSIONNAT n’intervient que dans la première moitié du film, lorsque le personnage principal interprété par Charlie Trairat a des problèmes pour s’adapter à un environnement dont il a très peur. Il est peu bavard, il n’a pas d’amis, et il est très confus. Au fur et à mesure que l’histoire évolue, le film se dirige lentement vers un genre plus dramatique qui met surtout en avant les émotions des personnages. Il est moins axé sur les effets propres au cinéma de genre.

Comment s’est déroulée la sélection du casting du PENSIONNAT ?

Charlie Trairat avait déjà joué dans mon précédent film, FAN CHAN. J’avais déjà en tête cet acteur pour le rôle principal,Tôn, lors de l’écriture du scénario du film. Idem pour Jintara Sukaphatana, la comédienne qui joue le rôle du professeur de Tôn. Pour les autres comédiens, j’ai dû partir à la recherche de nouveaux visages.

Je me suis donc déplacé dans plusieurs écoles pour trouver des garçons correspondants aux personnages que j’avais écrits. Durant le développement du scénario et jusqu’à la fin de l’écriture, je n’avais vraiment aucune idée de qui allait vraiment pouvoir jouer tous ces rôles.

Le pensionnatPensez-vous que le public thaïlandais croit aux histoires surnaturelles comme lors de la scène au début du film lorsque la voiture traverse le pont ?

Certaines personnes y croient, d’autres non. Vous faites référence au passage où la voiture passe au-dessus de la rivière Bangpakong. Les personnages retiennent leur respiration et font un voeu dans l’espoir qu’il se réalise. Quand j’étais jeune, j’avais beaucoup d’imagination et j’ai aussi eu beaucoup d’expériences assez étranges. Certains épisodes de mon film, je les ai purement inventés, mais j’ai essayé de combiner le surnaturel et le réel de façon à ce que l’ensemble soit plutôt plausible. Certaines personnes peuvent me dire « Je sais que ce n’est pas vrai », mais ce ne sera pas perçu comme un véritable mensonge, car ces croyances existent.

Quelle fut la scène la plus difficile à tourner ?

La scène de noyade où le personnage est censé revivre sa mort en flottant dans les airs. Cette scène a demandé un grand nombre d’effets spéciaux. Le jeune acteur a dû passer trois jours dans l’eau. Je me sens vraiment désolé pour lui d’avoir dû le forcer à faire cela. De plus, c’est un jeune acteur qui n’avait jamais tourné avant. Je lui en ai vraiment demandé beaucoup, mais finalement, ça a payé, car je trouve le résultat très satisfaisant.

Le pensionnatLa scène de cinéma en plein air où tous les jeunes enfants regardent le film d’horreur est très réaliste. Est-ce un vrai film que vous leur avez projeté ?

Non, nous avons tourné un faux film de vampire pour cette scène. En fait, je me suis inspiré du fi lm hongkongais MISTER VAMPIRE avec Lam Ching-ying. J’adore ce film et j’en ai recréé ma version personnelle pour LE PENSIONNAT. Je ne pouvais pas me permettre de projeter l’original car je m’inquiétais du temps qu’il aurait fallu passer à négocier les droits. Il était donc beaucoup plus simple d’en faire une version Thaï. Cela m’a pris deux jours pour tourner cette version. Je me suis bien amusé ! J’ai revu tous mes films fantastiques favoris de l’époque pour m’inspirer et faire ce court métrage. Les films de Hong Kong ont bercé mon enfance. Il était donc logique que je fasse partager cet épisode de ma vie au public.

Lorsque tous les enfants regroupent leurs jambes simultanément sur leur chaise à la vue du film où un vampire essaie d’attraper les jambes du personnage principal, cela s’est vraiment produit de la sorte. De plus, cette scène a été tournée dans mon ancienne école.

Le film possède une très belle photographie. Comment s’est déroulé le travail avec votre chef opérateur ?

Sur FAN CHAN, j’étais à la fois directeur de la photographie et co-réalisateur. Mais dans la mesure où j’étais le seul réalisateur pour LE PENSIONNAT, je pense que je ne pouvais pas assurer ces deux fonctions avec la même efficacité. Niramon Ross, le chef opérateur du PENSIONNAT, et moi, avions déjà travaillé auparavant sur des publicités et sur un court métrage. Quand nous discutons technique, je pense que nous avons la même vision des choses. De plus, Niramon Ross a également signé la photographie de SHUTTER de Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, qui est selon moi, un très bon film d’épouvante thaï. J’attends avec impatience le prochain film de ces deux réalisateurs, ALONE, qui devrait apporter un souffle nouveau et original au cinéma fantastique thaïlandais.

Quels sont les cinéastes qui vous ont influencé ou donné envie de faire du cinéma ?

Il y en a plusieurs. Du côté du cinéma asiatique, j’aime beaucoup Hirokazu Koreeda, le réalisateur de AFTER LIFE. J’adore également Shunji Iwai ainsi que Zhang Yimou. Du coté occidental, j’apprécie particulièrement le travail de Cameron Crowe.

Pourquoi avez-vous décidé de placer le retournement de situation, qui comporte une révélation majeure, en plein milieu du fi lm ?

Le pensionnatJe voulais tenter de faire un style de film de fantômes différent de ce qui avait été fait auparavant. Et je voulais aussi montrer que l’aspect fantastique du PENSIONNAT n’était pas l’intérêt principal du film. C’est la relation entre les êtres humains qui m’importait le plus. Le retournement de situation n’est pas la surprise ultime du film. Je pense qu’un film fantastique n’a pas besoin d’être effrayant du début à la fin pour être réussi. La partie psychologique se doit d’être également à la hauteur. La plupart de mes films fantastiques favoris développent surtout le côté émotionnel de l’histoire.

Parlez-nous de votre travail avec le compositeur de la bande originale du PENSIONNAT.

Nous n’avons pas vraiment discuté musique car durant le montage, je lui décrivais surtout le type d’émotion que je voulais faire passer à travers telle ou telle scène. Aussi, durant la post-production, le monteur, le producteur et moi-même avons discuté de la longueur du film. Au début, le scénario était très long, et LE PENSIONNAT aurait pu être un film de trois heures. Finalement, nous avons réussi à ramener le film en dessous de deux heures.

Le pensionnatQui sont les plus faciles à diriger : les enfants ou les adultes ?

Il est assez difficile de diriger des enfants. J’ai beaucoup discuté avec eux pour leur expliquer la façon dont je voulais qu’ils jouent exactement et faire apparaître leurs émotions. Mais bizarrement, même si c’est plus difficile, j’ai préféré tourner avec les enfants. Car leurs émotions sonnaient tellement vraies qu’on a l’impression qu’ils ne jouaient pas. J’ai fait ce film pour les jeunes et les moins jeunes. Peut-être que les adultes ne trouveront pas le film si effrayant que cela au final, mais ce qui m’importait c’était de faire revivre mes souvenirs d’enfance via un film à caractère fantastique.

 

Propos recueillis par Frédéric Ambroisine au Festival International du Film de Pusan 2006.

avatar A propos de l'auteur : fandecine (217 Posts)

Administrateur du site Ciné Blog. Passionné de S-F, fan d'Isaac Asimov et Philip K. Dick, j'ai créé en 2005 le site Fan de Cinéma. J'aime le cinéma de Kubrick, de Tim Burton, de terry Giliams et de Ridley Scott. Je suis en général plutôt bon public et je ne m'attache pas tant à la facture des films qu'a l'histoire qui m'est contée. En dehors de ma passion pour le cinéma, je dirige une petite Web Agency.


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