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Raisons d’Etat, au cinema le 4 juillet

L’HISTOIRE

Raison d'EtatEdward Wilson a appris très jeune la valeur de l’honneur et de la discrĂ©tion. Étudiant Ă  l’universitĂ© de Yale en 1939, douĂ© et issu d’un milieu privilĂ©giĂ©, il est recrutĂ© par la Skull and Bones Society, une fraternitĂ© secrète qui rassemble la future Ă©lite mondiale. L’intelligence acĂ©rĂ©e de Wilson, sa rĂ©putation sans tache et sa foi profonde dans les valeurs amĂ©ricaines en font un candidat de choix pour les recruteurs des services de renseignement.

Ce jeune homme idĂ©aliste est choisi pour travailler au sein de l’OSS, l’Office of Strategic Services, pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette nomination va changer le cours de l’Histoire : Wilson et plusieurs de ses collègues des services secrets vont crĂ©er l’agence secrète la plus puissante du monde, la CIA…

Au sein de la CIA, le secret et la duplicitĂ© règnent en maĂ®tres. Refl et d’un monde plongĂ© dans la paranoĂŻa de la Guerre Froide, Wilson voit son idĂ©alisme peu Ă  peu minĂ© par sa propre suspicion. Imposant ses mĂ©thodes comme des procĂ©dures standard, il devient l’un des piliers de l’Agence, tout en combattant son homologue au KGB dans un jeu d’Ă©checs planĂ©taire.

Mais l’indĂ©fectible dĂ©vouement de Wilson pour son pays a un prix de plus en plus Ă©levĂ©. Pour suivre le chemin qu’il a choisi, il va devoir sacrifi er ce qu’il a de plus cher au monde…

«RAISONS D’ÉTAT est une version romancĂ©e de l’Histoire, mais prĂ©cise en ce qui concerne la presque totalitĂ© des Ă©vĂ©nements relatĂ©s. Parce que les cinĂ©astes n’ont pas cherchĂ© Ă  tout prix Ă  coller aux petits dĂ©tails, ils ont rĂ©ussi Ă  saisir plus largement certaines vĂ©ritĂ©s essentielles sur cette pĂ©riode extraordinaire de renseignement, d’espionnage, de contre-espionnage et de trahison durant la Guerre Froide. Il est impossible de comprendre le prĂ©sent sans comprendre le passĂ© et le chemin parcouru pour en arriver lĂ  oĂą nous en sommes aujourd’hui. C’est ce que nous raconte RAISONS D’ÉTAT.»

Richard C. A. Holbrooke, Ambassadeur américain aux Nations Unies, 1999-2001

ENQUETE SUR LA CIA

Raison d'EtatDepuis le dĂ©but des annĂ©es 90, après IL ÉTAIT UNE FOIS LE BRONX, Robert De Niro cherchait un sujet pour sa deuxième rĂ©alisation. La productrice Jane Rosenthal, sa partenaire au sein de Tribeca Films, explique : «Bob s’est toujours intĂ©ressĂ© Ă  la politique Ă©trangère et au renseignement.»

Toutefois, De Niro ne voulait pas rĂ©aliser un film de fiction comme il s’en fait beaucoup autour de l’univers de l’espionnage. Il dĂ©sirait montrer les vĂ©ritables rouages internes des services de renseignement et rĂ©vĂ©ler comment ces hommes, anonymes pour la plupart, ont contrĂ´lĂ© notre monde, souvent au prix de lourds sacrifices personnels et professionnels.

Un ami qui connaissait l’intĂ©rĂŞt de De Niro pour la CIA lui a prĂ©sentĂ© Milt Bearden, vĂ©tĂ©ran de l’Agence retraitĂ© depuis trente ans, qui est par la suite devenu le principal conseiller technique du film. Cet ancien agent, qui a dirigĂ© les opĂ©rations de la CIA en Afghanistan au milieu des annĂ©es 80, a acceptĂ© d’emmener De Niro en Europe et en Asie pour un voyage d’initiation et d’exploration des arcanes secrets de la collecte de renseignements.

Des rĂ©gions perdues de l’Afghanistan Ă  la frontière nord-ouest du Pakistan, jusqu’Ă  Moscou, De Niro et Bearden ont voyagĂ© dans beaucoup d’endroits pour nourrir l’approche authentique que souhaitait De Niro. Au cours de ces recherches, De Niro a eu accès Ă  des informations que peu de personnes connaissent. Bearden observe : «Bob a maintenant une connaissance exceptionnellement approfondie de la CIA, de ma gĂ©nĂ©ration et de celle d’avant, bien meilleure que n’importe qui ne faisant pas partie du cercle…»

Auteur de plusieurs livres sur la CIA, Milt Bearden prĂ©cise comment il a pu partager des informations soigneusement gardĂ©es sur les opĂ©rations du renseignement amĂ©ricain sans nuire aux hommes et aux femmes qui sont actuellement en service actif. «Ma règle d’or est : ne fais rien qui puisse porter atteinte Ă  quiconque ou placer qui que ce soit en danger, ni rien qui puisse rendre le travail plus difficile Ă  ceux qui essaient de le faire aujourd’hui.»

Raison d'EtatLa fascination de Robert De Niro pour le fonctionnement des services de renseignement a continuĂ© Ă  mĂ»rir pendant plusieurs annĂ©es avant qu’il ne reçoive le scĂ©nario original de RAISONS D’ÉTAT. Eric Roth avait Ă©crit sur les toutes premières annĂ©es de la CIA, le sujet mĂŞme qui intĂ©ressait De Niro, et on lui proposait un rĂ´le principal. Jane Rosenthal raconte : «Bob a dit immĂ©diatement que non seulement il voulait jouer dans ce film, mais qu’il voulait le rĂ©aliser lui-mĂŞme !»

Eric Roth, Ă  qui l’on doit les scĂ©narios de succès comme FORREST GUMP, RÉVÉLATIONS, ALI et MUNICH, avait imaginĂ© une histoire qui alliait les Ă©lĂ©ments d’un thriller d’espionnage excitant et l’observation de la vie quotidienne des membres de la CIA qui avaient fondĂ© l’Agence. «Eric est le meilleur scĂ©nariste du cinĂ©ma contemporain, s’enthousiasme Jane Rosenthal. Son portrait du fonctionnement interne de la CIA nous a tous impressionnĂ©s.»

Roth s’intĂ©ressait Ă  une Ă©poque antĂ©rieure Ă  celle sur laquelle De Niro avait fait ses recherches avec Milt Bearden, mais les deux hommes ont rapidement trouvĂ© un terrain d’entente. Le scĂ©nariste prĂ©cise : «J’Ă©tais intriguĂ© et intĂ©ressĂ© par la CIA et l’origine de sa crĂ©ation. Cette agence a commencĂ© par ne compter que 17 ou 18 personnes, et elle en compte aujourd’hui 29 000.»

Le scĂ©nario commence Ă  l’âge d’or de l’OSS pendant la Seconde Guerre mondiale et s’achève avec l’Ă©chec de la CIA Ă  la Baie des Cochons en 1961, et aborde les Ă©vĂ©nements clĂ©s de l’histoire de la CIA sur cette pĂ©riode. Eric Roth examine parallèlement les vies des hommes qui ont fondĂ© le puissant service de renseignement amĂ©ricain actuel. Il explique : «Je me suis renseignĂ© sur les gens qui ont Ă©tĂ© liĂ©s aux toutes premières annĂ©es de fonctionnement de la CIA et sur leur parcours. Traditionnellement, ils venaient de Yale et de la Skull and Bones Society.»

Raison d'EtatLes membres de la Skull and Bones Society Ă©taient pratiquement exclusivement des hommes blancs de l’Ivy League, de la classe supĂ©rieure, considĂ©rĂ©s comme les plus brillants et les plus prometteurs d’AmĂ©rique.

En fait, cette sociĂ©tĂ© ultra-secrète compte parmi ses Ă©lĂ©ments plusieurs membres de l’Ă©lite dirigeante amĂ©ricaine, dont le PrĂ©sident George W. Bush, son père, l’ancien PrĂ©sident George Bush, qui a dirigĂ© la CIA avant de devenir chef de l’État amĂ©ricain, et son grand-père, Prescott Bush, ainsi que l’adversaire du PrĂ©sident Bush aux Ă©lections de 2004, John Kerry.

Jane Rosenthal et Robert De Niro ont aimĂ© le protagoniste du scĂ©nario de Roth, Edward Wilson, un jeune homme sensible qui est choisi pour rejoindre l’OSS en 1939. Les producteurs ont apprĂ©ciĂ© que dans l’histoire, Roth explore la dimension humaine et personnelle de l’Agence.

Le scĂ©nariste explique : «Dans sa jeunesse, Edward Wilson est un idĂ©aliste. Il croit en certaines valeurs et s’efforce de les protĂ©ger. Il a foi en ce que l’AmĂ©rique a de bon Ă  offrir. Il a une bonne nature, il a du coeur, il croit profondĂ©ment en la justice. Je voulais un personnage qui puisse nous aider Ă  dĂ©crire pourquoi et comment ils ont agi Ă  ce moment-lĂ , puisque Edward est le coeur et l’âme de l’Agence.

J’Ă©tais intriguĂ© par la moralitĂ© que pouvaient avoir ces gens, et par ce qu’ils Ă©taient prĂŞts Ă  sacrifier. En plongeant plus avant dans mes recherches, j’ai eu envie d’en savoir davantage sur leur vie personnelle. Quelle Ă©tait la vie de famille d’Edward, quels rapports avait-il avec ses enfants ? Quels rĂŞves faisait-il pour eux ?»

Raison d'Etat

Matt Damon

Pour des hommes qui ont dirigé le contre-espionnage, une certaine dose de paranoïa semblait non seulement justifiée, mais inévitable, cependant Eric Roth était curieux de savoir

jusqu’oĂą elle pouvait aller. «Je m’intĂ©ressais Ă©galement Ă  la dimension psychologique, Ă  l’effet que pouvait avoir le fait de vivre dans un univers oĂą on ignore le vrai du faux, qui sont les amis et qui sont les ennemis.»

Ă€ une Ă©poque antĂ©rieure, les États-Unis n’avaient pas encore eu besoin d’un organisme de renseignement qui explore en profondeur les informations Ă©trangères que pouvait fournir l’OSS. Tout a changĂ© avec la Seconde Guerre mondiale, lorsque les dirigeants de l’État ont senti qu’il Ă©tait temps de crĂ©er une agence secrète.

Milt Bearden observe : «Notre pays est bordĂ© par deux grands ocĂ©ans de chaque cĂ´tĂ©, et il n’y a pas grand-chose Ă  faire de ce cĂ´tĂ©-lĂ . Mais en Europe, le renseignement a Ă©tĂ© très vite un outil vital, pour dĂ©velopper et maintenir des alliances complexes avec les pays voisins. Ă€ la fin de la Seconde Guerre mondiale, cependant, les États-Unis se sont retrouvĂ©s Ă  tenir une nouvelle position dominante dans le monde – et ils ont dĂ» faire face aux menaces qui allaient avec.»

Bearden poursuit : «Le monde est devenu bipolaire : il y avait d’un cĂ´tĂ© les États-Unis et de l’autre l’Union soviĂ©tique. Vous Ă©tiez forcĂ©ment derrière l’un ou l’autre. Et Khrouchtchev a dit : « Nous allons vous enterrer », alors nous nous sommes dit que nous devions faire attention… Après 1945, ç’a Ă©tĂ© le dĂ©but de l’empire amĂ©ricain. Un empire amĂ©ricain sans une capacitĂ© Ă  se procurer des renseignements n’aurait pas eu de sens.»

Edward Wilson est le produit de cette Ă©poque et, dans ses rapports avec l’Union soviĂ©tique, il se voit Ă  la fois comme la conscience de l’AmĂ©rique et comme le protecteur de ses libertĂ©s. En tant que directeur des services de contre-espionnage, son travail est de pĂ©nĂ©trer le renseignement ennemi et d’altĂ©rer les perceptions des ennemis de son pays. Il est aussi chargĂ© d’apprendre le fonctionnement interne du KGB et ce que sait cette agence sur l’AmĂ©rique.

Pour les cinĂ©astes, l’histoire est devenue d’autant plus importante Ă  raconter après les attentats du 11 septembre 2001. Jane Rosenthal raconte : «C’est dans le monde d’après le 11 septembre que les gens ont rĂ©ellement commencĂ© Ă  s’intĂ©resser Ă  ce sujet. C’est Ă  ce moment-lĂ  que les portes se sont ouvertes et que de vraies discussions pour faire ce genre de film ont pu ĂŞtre entamĂ©es.»

Plus rĂ©cemment, RAISONS D’ÉTAT s’est rĂ©vĂ©lĂ© d’une actualitĂ© encore plus brĂ»lante avec un scandale politique mettant en cause l’administration Bush, lorsque le chroniqueur Robert D. Novak a dĂ©noncĂ© en juillet 2003 que Valerie Plame, Ă©pouse d’un opposant Ă  la guerre en Irak, Ă©tait un agent de la CIA. Jane Rosenthal commente : «C’Ă©taient exactement les thèmes et le sujet de notre film : notre sĂ©curitĂ© nationale. Ça n’aurait pas pu ĂŞtre plus actuel.»

Raison d'Etat

Matt Damon et Robert de Niro

En juin 2005, Morgan Creek a acceptĂ© de produire RAISONS D’ÉTAT avec Tribeca. James G. Robinson, explique : «Ce qui m’a plu, c’est que l’histoire illustrait les similitudes entre les deux camps durant la Guerre Froide. Il n’y avait pas beaucoup de diffĂ©rence entre la CIA et le KGB, exceptĂ© que lorsque la bureaucratie amĂ©ricaine franchissait la ligne, nous avions le moyen de rĂ©pliquer contre un système qui causait du tort injustement et illĂ©galement. De toute Ă©vidence, ce n’Ă©tait pas le cas en Russie.»

Richard Holbrooke, ancien ambassadeur amĂ©ricain aux Nations Unies, ancien secrĂ©taire d’État adjoint et diplomate de carrière dit : «Aux yeux des cinĂ©astes, il Ă©tait important que les Ă©vĂ©nements dĂ©peints dans le film sonnent juste non seulement aux yeux du public, mais Ă  ceux du Renseignement amĂ©ricain. Parce que les cinĂ©astes n’ont pas cherchĂ© Ă  tout prix Ă  coller aux petits dĂ©tails, ils ont rĂ©ussi Ă  saisir plus largement certaines vĂ©ritĂ©s essentielles sur cette pĂ©riode extraordinaire de renseignement, d’espionnage, de contre-espionnage et de trahison durant la Guerre Froide.»

De Niro prĂ©cise : «Ce film est un mĂ©lange d’Ă©vĂ©nements rĂ©els et d’extrapolations sur les personnages. Si nous Ă©tions restĂ©s fixĂ©s sur la prĂ©cision factuelle de ces Ă©vĂ©nements, nous aurions obtenu un autre genre de film.»

AGENTS ET NON-AGENTS

Raison d'Etat

Matt Damon

Pour incarner Edward Wilson, les cinĂ©astes voulaient un acteur capable de jouer les trente ans d’Ă©volution du personnage, un jeune Ă©tudiant innocent qui devient peu Ă  peu un bureaucrate austère.

Le producteur James G. Robinson explique : «Wilson paie cher le fait d’avoir vouĂ© toute sa vie Ă  prĂ©server la dĂ©mocratie. Il n’a pas une existence amusante. Il fait toujours ce qu’il faut faire, ce qui lui semble juste. Il nous fallait un acteur posĂ©, intelligent, qui ait du sang-froid. Matt Damon est tout cela.» L’enthousiasme de Matt Damon pour ce projet a Ă©tĂ© immĂ©diat. Robert De Niro commente : «Matt n’a fait aucun compromis quant Ă  son personnage. Il ne l’a pas rendu artificiellement sympathique.»

Jane Rosenthal ajoute : «Matt Damon est l’un des meilleurs acteurs actuels. Il Ă©tait volontaire pour relever le dĂ©fi et il n’avait pas peur de pousser les choses au-delĂ  de ses limites. Son capital sympathie Ă©tait important pour ce rĂ´le, parce que les actes de ce personnage ne lui valent pas souvent notre approbation. Matt est quelqu’un de charmant et de très gentil, et cela se sent, ce qui permettait d’avoir plus d’empathie pour ce personnage.»

Au-delĂ  de l’intĂ©rĂŞt que Matt Damon portait au scĂ©nario, il avait aussi très envie de travailler avec Robert De Niro. «Bob est une idole. Se placer entre ses mains, c’Ă©tait se placer entre de bonnes mains.»

Matt Damon, qui a fait ses Ă©tudes Ă  Harvard, a passĂ© du temps avec le vĂ©tĂ©ran de la CIA Milt Bearden durant ses recherches sur son rĂ´le. Il a visitĂ© plusieurs des lieux dans lesquels se dĂ©roule l’histoire et a lu de nombreux livres sur la CIA. Afin de mieux comprendre l’impact qu’une carrière Ă  l’Agence pouvait avoir sur la vie de famille, Damon a Ă©galement rencontrĂ© certaines des familles de ses fondateurs. Il note : «Il est très difficile d’avoir des relations durables quand on fait ce mĂ©tier, on est constamment sous pression, et c’est une sacrĂ©e pression ! Edward vit dans un monde oĂą les enjeux sont très Ă©levĂ©s, et il ne peut se permettre de faire confiance Ă  personne, pas mĂŞme Ă  ses proches.»

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Angelina Jolie

La première victime de ce secret permanent est la femme de Wilson, Clover. Angelina Jolie incarne ce personnage complexe. Ce choix aurait pu paraĂ®tre inhabituel pour interprĂ©ter une jeune femme de la haute sociĂ©tĂ©, fille de sĂ©nateur, mais De Niro n’avait aucun doute sur sa capacitĂ© Ă  jouer une ingĂ©nue qui, devenue Ă©pouse d’un espion, va mener une vie de doute constant.

Il confie : «Angelina a un instinct très sûr. Elle a apporté au personnage ce que je trouvais essentiel, à sa façon à elle.»

Angelina Jolie explique comment elle s’est identifiĂ©e Ă  son personnage : «Quelque part, Clover sait que quelque chose ne va pas dans tout ça. Elle affiche une certaine impertinence, une rĂ©bellion. C’est une femme qui a un sens merveilleux de la vie et de ce qui compte vraiment dans l’existence.»

JEU DE MIROIRS

RAISONS D’ÉTAT se dĂ©roule sur trois continents entre 1925 et 1961. Les prises de vues ont commencĂ© Ă  la fin de l’Ă©tĂ© 2005. Le tournage a Ă©tĂ© difficile, et il a fallu constamment satisfaire Ă  l’exigence de De Niro, qui cherchait le plus grand rĂ©alisme possible. Matt Damon commente : «Bob a une telle vigilance quant aux dĂ©tails, qu’elle a dĂ©teint sur tous les dĂ©partements crĂ©atifs ! Tout, dans les dĂ©cors, les costumes est rigoureusement exact.» Depuis des annĂ©es, De Niro savait qui il voulait comme directeur de la photo : Robert Richardson. Ayant rĂ©cemment obtenu un Oscar pour la photo de AVIATOR de Martin Scorsese, Richardson avait dĂ©jĂ  reçu ce prix pour JFK d’Oliver Stone et a Ă©clairĂ© des films allant de PLATOON Ă  WALL STREET, ainsi que les deux KILL BILL de Quentin Tarantino.

Raison d'EtatJane Rosenthal observe : «Bob avait travaillĂ© Ă  plusieurs reprises avec Robert Richardson. Nous lui avions parlĂ© du projet quand nous faisions DES HOMMES D’INFLUENCE et nous savions que lorsque nous ferions ce film, il serait avec nous. Il a un talent pour l’invention et crĂ©e des images d’une beautĂ© Ă  couper le souffle.»

De Niro a travaillé avec Richardson selon une technique inhabituelle : ils coupaient le moins souvent possible, et De Niro donnait ses indications aux acteurs alors même que la caméra continuait à filmer.

De Niro explique : «C’est important de donner le plus de libertĂ© possible aux acteurs. S’ils font une erreur, ça ne pose aucun problème. Ils n’ont alors plus peur d’essayer des choses ou de vous faire confiance quand vous leur donnez une indication. C’est très important pour tous les Ă©lĂ©ments qui relèvent de la crĂ©ativitĂ© du film.» Le chef monteur Tariq Anwar avait dĂ©jĂ  travaillĂ© avec De Niro et Jane Rosenthal sur STAGE BEAUTY. Rosenthal commente : «J’avais admirĂ© le travail de Tariq sur AMERICAN BEAUTY. Bob et moi savions que nous retravaillerions avec lui.»

Pour crĂ©er les dĂ©cors, les cinĂ©astes ont fait appel Ă  la chef dĂ©coratrice Jeannine Oppewall, nommĂ©e Ă  l’Oscar pour PUR SANG, LA LÉGENDE DE SEABISCUIT, PLEASANTVILLE et L.A. CONFIDENTIAL. Elle connaissait bien les lieux dĂ©peints dans le scĂ©nario de Roth car elle a grandi sur la cĂ´te Est et a voyagĂ© et vĂ©cu dans plusieurs villes europĂ©ennes, de Berlin Ă  Londres. RAISONS D’ÉTAT a Ă©tĂ© tournĂ© Ă  New York, dans les montagnes Adirondack, Ă  Washington, Londres et en RĂ©publique dominicaine. Pour Jeannine Oppewall, la prĂ©paration de ce film a exigĂ© une quantitĂ© impressionnante de recherches. Elle raconte : «Quand j’ai commencĂ©, j’avais 10 ou 12 recueils de notes pleins ! D’Ă©normes classeurs de 15 cm d’Ă©paisseur !» Pour dĂ©peindre prĂ©cisĂ©ment le quartier de Washington oĂą vivent Edward et Clover, la chef dĂ©coratrice a visitĂ© Alexandria et Arlington, en Virginie. «J’ai un ami dont le père avait fait partie de la CIA, et il m’a emmenĂ©e un dimanche après-midi pour que je me fasse une idĂ©e de ce Ă  quoi ça pouvait ressembler. Le quartier oĂą vivaient les officiers de la CIA Ă©tait un endroit impeccable, avec beaucoup d’arbres. Un endroit sans surprise, traditionnel.»

LE COSTUMES

Raison d'EtatLa cĂ©lèbre crĂ©atrice de costumes Ann Roth, laurĂ©ate d’un Oscar pour LE PATIENT ANGLAIS, n’avait encore jamais travaillĂ© avec Robert De Niro. Jane Rosenthal explique : «Ann est un mythe. Elle est tout simplement divine ! Elle avait des choix très spĂ©cifiques et très judicieux pour les personnages.» De par son parcours, Ann Roth connaissait personnellement le genre de personnes dĂ©peintes dans le scĂ©nario d’Eric Roth. Elle confie : «Tourner ce film a Ă©tĂ© parfois une gageure. Par son ampleur et aussi parce qu’il nous arrivait de tourner trois scènes se situant dans trois dĂ©cennies diffĂ©rentes en une mĂŞme journĂ©e. C’Ă©tait un drĂ´le de casse-tĂŞte !» Pendant le tournage, tout le monde a Ă©tĂ© impressionnĂ© par l’endurance de Robert De Niro. James G. Robinson commente : «Je ne sais pas comment il fait, mais ce qui est sĂ»r, c’est qu’il a de l’Ă©nergie Ă  revendre. Bob est un perfectionniste absolu.»

avatar A propos de l'auteur : fandecine (217 Posts)

Administrateur du site Ciné Blog. Passionné de S-F, fan d'Isaac Asimov et Philip K. Dick, j'ai créé en 2005 le site Fan de Cinéma. J'aime le cinéma de Kubrick, de Tim Burton, de terry Giliams et de Ridley Scott. Je suis en général plutôt bon public et je ne m'attache pas tant à la facture des films qu'a l'histoire qui m'est contée. En dehors de ma passion pour le cinéma, je dirige une petite Web Agency.


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