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Les Infiltres de Martin Scorsese, au cinéma le 29 Novembre 2006

L’HISTOIRE

Boston de nos jours :

Les InfiltrĂ©sune lutte sans merci oppose la police Ă  la pègre irlandaise. Pour mettre fin au règne du tout-puissant parrain Frank Costello (Jack Nicholson), la police infiltre son gang avec “un bleu” issu des bas quartiers, Billy Costigan (Leo DiCaprio). Tandis que Billy s’efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan (Matt Damon) entre dans la police au sein de l’UnitĂ© des EnquĂŞtes SpĂ©ciales, chargĂ©e d’Ă©liminer Costello. Mais Colin fonctionne en “sous-marin” et informe Costello des opĂ©rations qui se trament contre lui.

Risquant Ă  tout moment d’ĂŞtre dĂ©masquĂ©s, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre progressivement leurs repères et leur identitĂ©.

Traquenards et contre-offensives s’enchaĂ®nent, la tension monte, jusqu’au jour oĂą chaque camp rĂ©alise qu’il hĂ©berge une taupe. Une course contre la montre s’engage entre les deux hommes avec un seul objectif : dĂ©couvrir l’identitĂ© de l’autre, sous peine d’y laisser sa peau…

NOTES DE PRODUCTION

L’intrigue des INFILTRÉS s’inspire du thriller hongkongais de 2002 INFERNAL AFFAIRS, qui connut un immense succès en Asie avant d’ĂŞtre distribuĂ© aux États-Unis, oĂą son adaptation fut rapidement mise en chantier.

Les InfiltrésWILLIAM MONAHAN (SCÉNARISTE) :

“Je n’ai pas souhaitĂ© voir INFERNAL AFFAIRS avant de transposer cette histoire, et c’est Ă  partir d’une traduction du scĂ©nario chinois que j’ai travaillĂ©. Sa ligne directrice d’une grande ingĂ©niositĂ©, m’a permis de crĂ©er de nouveaux personnages. J’aimais beaucoup la duplicitĂ© des deux protagonistes originaux, mais mon scĂ©nario met d’abord l’accent sur les drames qui adviennent lorsque un homme s’Ă©carte de la route que lui trace la vie.”

MARTIN SCORSESE :

“INFERNAL AFFAIRS est un très bon exemple de ce que j’aime dans le cinĂ©ma de Hongkong. LES INFILTRÉS n’est pas, pour autant, un remake de ce film. Il s’inspire de l’intrigue originale, mais l’univers qu’Ă  imaginĂ© William Monahan est très diffĂ©rent. J’ai mis un certain temps Ă  lire ce script, parce que j’ai tout de suite commencĂ© Ă  visualiser l’action, Ă  m’imprĂ©gner de l’histoire et des protagonistes. J’ai Ă©tĂ© frappĂ©, notamment, par l’approche des personnages et de leur vision du monde. Ce traitement sans compromis m’a sĂ©duit et donnĂ© envie de rĂ©aliser le film.” “On pourrait croire que LES INFILTRÉS nous ramène Ă  des films comme MEAN STREETS ou LES AFFRANCHIS”, observe le producteur Graham King. “Mais Marty rĂ©interprète ici le genre sous un angle totalement nouveau et original. C’est la marque de son talent…”

WILLIAM MONAHAN

Les InfiltrĂ©s“Travailler avec Martin Scorsese a Ă©tĂ© une expĂ©rience fantastique. C’Ă©tait un privilège de le voir crĂ©er et construire le film dans sa tĂŞte Ă  mesure que nous discutions du script. J’apprenais chaque jour plus qu’en une annĂ©e Ă  l’École de CinĂ©ma.”

Monahan situa l’intrigue dans un monde qui lui est familier : “Ce projet m’a Ă©tĂ© confiĂ© Ă  une Ă©poque oĂą je pensais beaucoup Ă  Boston, dont je suis originaire, et aux gens que j’ai perdus. Cela m’a permis d’explorer des thèmes qui me touchent de très près.” Le vĂ©tĂ©ran de la Police du Massachusetts Thomas B. Duffy, conseiller technique des INFILTRÉS, rappelle les affrontements qui opposèrent Ă  Boston les “Staties” (la Police d’État) et la pègre irlandaise : “La mafia du sud de Boston (le “Southie”) a Ă©tĂ© dominĂ©e et contrĂ´lĂ©e par les Irlandais du dĂ©but des annĂ©es 1970 jusqu’Ă  une pĂ©riode assez rĂ©cente.”

Leo DiCaprio, dont c’est la troisième collaboration avec Scorsese après GANGS OF NEW YORK et AVIATOR, note pour sa part : “LES INFILTRÉS ne ressemble Ă  aucun des “films de gangsters” de Marty. Son contexte est totalement distinct, au moins pour trois raisons : parce qu’il y est question de la pègre irlandaise, de la police et de la corruption, et parce que Boston constitue un tout autre environnement que New York. Cette histoire parle finalement de l’AmĂ©rique et de la corruption de certains systèmes Ă  l’Ă©chelle d’une nation.”

MARTIN SCORSESE :

“Dans ce film, les destinĂ©es de deux jeunes gens sont gouvernĂ©es par des forces antagonistes qui les dĂ©passent : la police et une organisation criminelle de grande envergure. Le chef de la pègre locale, Frank Costello, prend Colin Sullivan sous son aile dès l’âge de douze ans. Il l’Ă©duque et en fait un pilier de la communautĂ© pour lui permettre d’infiltrer la police. Au mĂŞme moment, Billy Costigan, qui est originaire des bas quartiers de Boston, se rĂ©vèle une taupe de premier ordre, qui va infiltrer le gang Costello et renseigner la police sur ses activitĂ©s. Billy et Colin fonctionnent ainsi sur des trajectoires inverses, qui finiront par se percuter avec une extrĂŞme violence.”

Leo DiCaprio

Leo DiCaprio

FLIC OU GANGSTER ?

Leo DiCaprio interprète Billy Costigan, un cadet prometteur de l’AcadĂ©mie de Police du Massachusetts, recrutĂ© pour une dangereuse mission.

“Le script m’avait tellement accrochĂ© que j’ai tout de suite eu envie de faire ce film. J’ai dit oui, sans hĂ©siter un instant. J’ai trouvĂ© que c’Ă©tait une histoire d’une grande intensitĂ© avec des personnages Ă  facettes totalement fascinants. “Billy a toujours vĂ©cu au contact de la pègre. Il entre dans la police pour se dĂ©marquer de sa famille et parce qu’il n’a pas d’autre issue. Par une Ă©trange ironie du sort, sa première mission est d’infiltrer un gang en prĂ©tendant ĂŞtre ce qu’il dĂ©teste le plus. Lui qui n’aspirait qu’Ă  se racheter, va plonger jusqu’au cou dans une situation trouble, ambiguĂ«, terriblement dangereuse. Toutes sortes d’indices le dĂ©signant comme une taupe aux yeux du gang, il manque Ă  plusieurs reprises d’ĂŞtre dĂ©masquĂ©. Et vers la fin du film, le filet se resserre brutalement sur lui.”

MARTIN SCORSESE :

“Je savais Leo capable d’exprimer l’angoisse d’un homme qui s’est laissĂ© piĂ©ger et se demande comment se tirer d’affaire. On le lit sur son visage, dans son regard, sans qu’il soit besoin de le lui faire dire. Ce malaise Ă©mane de tout son ĂŞtre, et c’est très Ă©tonnant Ă  observer.”

Colin Sullivan appartient, ainsi que Billy Costigan, Ă  la Police du Massachusetts et est originaire des mĂŞmes quartiers. Mais il est l’antithèse de Billy, son image inversĂ©e. Matt Damon – autre natif de Boston – interprète ce jeune et brillant sergent de l’UnitĂ© des EnquĂŞtes SpĂ©ciales, promu en temps record. Mais, en dĂ©pit de ses remarquables Ă©tats de service, Colin n’obĂ©it qu’Ă  un homme : le chef de la pègre, Frank Costello.

MARTIN SCORSESE :

“Matt a Ă©normĂ©ment apportĂ© Ă  ce rĂ´le. On le voit calculer ses coups, ruser, essayer de se dĂ©pĂŞtrer d’une situation de plus en plus intenable.

Colin est un personnage encore plus tragique que Billy, parce qu’il se croit invincible et pense se laver de ses pĂ©chĂ©s originels en s’acoquinant avec le Mal, et accĂ©der du mĂŞme coup Ă  cette bourgeoisie qui le fascine. Au dĂ©but du film, on voit Costello lui inculquer certaines “valeurs” sur lesquelles il fonctionnera quelque temps, avant de perdre dĂ©finitivement tous ses repères.”

 

Matt Damon

Matt Damon

MATT DAMON :

“Frank Costello règne sur le quartier qui vit grandir Colin. Tout le monde a entendu parler de lui, chacun le craint. Colin n’a que douze ans lors de leur première entrevue, et l’on peut imaginer l’effet que cela a sur lui. Aux yeux de Colin, ce chef de gang s’impose dès le dĂ©part comme une figure paternelle d’une puissance incomparable. “Costello est sĂ»r de son investissement, il sait qu’il pourra exploiter ce jeune et tirer profit de sa loyautĂ©. Il le fait entrer dans la police pour qu’il lui serve d’informateur. Chaque camp dispose ainsi d’une taupe, qui ignore l’identitĂ© de l’autre.”

LEO DICAPRIO :

“Nos deux personnages sont le droit et le revers d’une mĂŞme mĂ©daille. Colin a choisi une voie, Billy en a pris une autre, et leurs destinĂ©es sont mystĂ©rieusement et irrĂ©vocablement liĂ©es dans un Ă©tonnant jeu d’Ă©checs Ă  distance.”

Le lien secret le plus fort entre Billy et Colin est Frank Costello, qu’interprète Jack Nicholson.

MARTIN SCORSESE :

“Nous nous connaissons depuis plus de trente ans. Cela ne s’Ă©tait encore jamais traduit au cinĂ©ma, et j’Ă©tais curieux de savoir si Jack serait tentĂ© par ce rĂ´le. Mon attente a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©e : nous nous sommes vraiment Ă©clatĂ©s sur ce film.”

GRAHAM KING :

“La première fois que Marty a mentionnĂ© Jack pour ce rĂ´le, j’ai cru que nous dĂ©lirions tous les deux, mais le rĂŞve est devenu rĂ©alitĂ©, et Jack a hissĂ© ce personnage Ă  un niveau dont lui seul a le secret. Le film regorge de ses touches caractĂ©ristiques, qui sont toutbonnement formidables.”

MARTIN SCORSESE :

Les InfiltrĂ©s“Jack s’est appropriĂ© le personnage. Costello a obtenu ce qu’il Ă©tait en droit d’attendre de la vie, et maintenant, il se fout de tout. Il a atteint le summum du pouvoir, pourquoi se ferait-il du mouron ? Du coup, il commence Ă  prendre des risques inconsidĂ©rĂ©s, par exemple en s’impliquant personnellement dans le trafic de drogue, alors qu’il n’en a nul besoin. C’est le genre de stimulation qu’il apprĂ©cie Ă  ce stade avancĂ© de sa vie. En rĂ©alitĂ©, il est trop vieux pour ce boulot, et il pressent qu’il n’en a plus pour longtemps. C’Ă©tait passionnant de voir Jack l’interprĂ©ter sous cet angle et nous montrer ainsi le dĂ©clin de ce personnage.”

LEO DICAPRIO :

“Jack est une force de la nature. Ses partenaires ne savent jamais comment il va se comporter face Ă  la camĂ©ra, et doivent donc faire preuve d’une grande souplesse. Il m’a pris de court plusieurs fois car j’ignorais quelle facette de Costello il choisirait de nous montrer ce jour-lĂ . C’est très excitant pour un acteur, ça l’oblige Ă  ĂŞtre constamment sur ses gardes.”

Seuls deux gradĂ©s de la Police du Massachusetts savent que la nouvelle recrue du gang Costello est une taupe : le capitaine Queenan et le sergent Dignam. Mark Wahlberg interprète Dignam, qu’il dĂ©crit comme “une brute primaire, un type minable mais finalement assez rĂ©glo.”

MARTIN SCORSESE :

“Mark Wahlberg est remarquable dans ce rĂ´le. Natif de la banlieue de Boston, il connaĂ®t bien ce monde, et très bien ce genre de personnage. Dignam est ce qu’il est, rien ne le changera jamais. Il a tout vu, tout entendu, et vous n’arriverez pas Ă  l’embobiner. Il aura rĂ©ponse Ă  tous vos arguments – une rĂ©ponse qui tient gĂ©nĂ©ralement en deux mots : “Fuck you!”

MARK WAHLBERG :

“J’ai retrouvĂ© spontanĂ©ment l’accent des quartiers populaires de Boston, ce qui a souvent fait dire Ă  Marty qu’il faudrait me sous-titrer ! Boston Ă©tait une ville plutĂ´t rude, unique en son genre. RĂ©putĂ©e pour la qualitĂ© de son système Ă©ducatif, elle compte aussi plusieurs quartiers oĂą votre avenir se borne Ă  ĂŞtre flic, voyou ou ouvrier du bâtiment. Mes origines ont une incidence directe, consciente ou non, sur tous mes agissements.

Les InfiltrĂ©s“Mon temps de prĂ©paration sur ce film a donc Ă©tĂ© assez bref, car j’ai connu quantitĂ© de ses personnages. La seule diffĂ©rence, c’est que je joue cette fois le flic qui passait son temps Ă  m’alpaguer !” Ă€ la violence de Dignam rĂ©pond l’humanitĂ© du capitaine Queenan, interprĂ©tĂ© par Martin Sheen.

MARTIN SHEEN :

“J’ai dit oui presque aussitĂ´t, pour pouvoir travailler enfin avec Martin Scorsese, qui a toujours Ă©tĂ© l’un de mes rĂ©alisateurs favoris. Comment pouvais-je me tromper ? C’est seulement après avoir donnĂ© mon accord que j’ai lu le scĂ©nario. J’ai trouvĂ© que c’Ă©tait une histoire formidable sur les conflits d’allĂ©geance au sein de deux univers opposĂ©s mais si proches, si intimement liĂ©s, qu’il n’est pas toujours facile de les distinguer.” Queenan n’est pas insensible au dĂ©sespoir croissant de Billy, mais il ne peut se laisser dĂ©tourner de son objectif.

“Il sait fort bien qu’en infiltrant le gang, Billy risque de perdre son identitĂ©, qu’il est en danger de mort si jamais Costigan le dĂ©masque. Mais, puisque seuls Queenan et Dignam sont informĂ©s de sa mission, Billy risque aussi d’ĂŞtre liquidĂ© tout moment par son propre camp.” La vĂ©ritable identitĂ© de Billy n’est mĂŞme pas connue du capitaine Ellerby, chef de l’UnitĂ© des EnquĂŞtes SpĂ©ciales, qu’interprète Alec Baldwin.

ALEC BALDWIN :

“Ellerby est un obsĂ©dĂ©, qui n’a qu’une idĂ©e en tĂŞte : Ă©liminer Costello et son gang. Il perçoit cet homme comme un ĂŞtre violent et dĂ©pravĂ©, et il est prĂŞt Ă  violer toutes les règles pour l’anĂ©antir. Ce qui ne l’empĂŞche pas d’ĂŞtre un bon flic.”

Bien que Frank Costello n’ait pas usurpĂ© sa rĂ©putation de violence, il se salit rarement les mains, dĂ©lĂ©guant le sale boulot Ă  ses sbires, dont le principal, Mr. French, est interprĂ©tĂ© par l’acteur anglais Ray Winstone. “Ce type ne se livre jamais, n’a confiance en personne, n’aime personne, Ă  commencer par lui-mĂŞme”, commente Winstone. “DĂ©nuĂ© de toute Ă©motion, rien ne l’effraie, rien ne le touche, rien ne le trouble. Il se croit entourĂ© de salauds et de traĂ®tres, il n’a de loyautĂ© qu’envers Costello.”

Vera Farmiga interprète Madolyn, la seule femme de la distribution et le seul personnage Ă  n’appartenir Ă  aucun camp. Psychiatre, ses patients sont issus de la pègre comme de la police. Les circonstances en feront un lien (occulte) supplĂ©mentaire entre Colin et Billy.

Les InfiltrésVERA FARMIGA :

“Colin, son amant, lui semble ĂŞtre un homme a qui tout rĂ©ussit. Il reprĂ©sente la sĂ©curitĂ©, la promesse d’un engagement durable. Billy, dont elle a commencĂ© le traitement, lui paraĂ®t plus fragile, mais aussi plus passionnĂ© et davantage en quĂŞte d’amour.”

LEO DICAPRIO :

“Madolyn est la seule Ă  offrir Ă  Billy un ancrage Ă©motionnel. Elle pourrait devenir sa confidente s’il lui Ă©tait permis de dĂ©voiler la moindre parcelle de son activitĂ©. Elle va nĂ©anmoins tenter de l’aider professionnellement, avant que des liens intimes ne se nouent entre eux.” Anthony Anderson et James Badge Dale interprètent les policiers Brown et Barrigan, qui rallieront l’UnitĂ© des EnquĂŞtes SpĂ©ciales. David O’Hara et Mark Rolston sont Fitzy et Delahunt, deux hommes de main de Costello.

LE TOURNAGE

La quasi-totalité des extérieurs des INFILTRÉS ont été filmés à Boston, ainsi que dans les proches banlieues de Braintree, Quincy et Dorchester. Une bonne partie des intérieurs furent réalisés à Brooklyn, un des rares quartiers de New York à pouvoir “doubler” la capitale du Massachusetts. Michael Ballhaus, chef opérateur de six précédents films de Scorsese, note : “Je ne pense pas que Marty et moi ayons jamais autant discuté des lumières.

 

Jack Nicholson

Jack Nicholson

LES INFILTRÉS est largement influencĂ© par l’imagerie du film noir et Ă©clairĂ© presque comme un film en noir et blanc, tout spĂ©cialement dans les scènes de commissariat. L’impact des couleurs, dans les scènes qui les requièrent, n’en est que plus fort.”

La chef costumière Sandy Powell utilisa prĂ©cisĂ©ment la couleur pour singulariser un peu plus le personnage de Costello : “Tous les personnages portent des vĂŞtements de ville de coupe ordinaire et de teintes neutres, allant du noir au beige, en passant par le brun et le gris. Nous pensions originellement que Frank se fondrait dans la masse mais Jack a manifestĂ© le dĂ©sir d’arborer des coupes et couleurs plus originales et plus risquĂ©es. Costello jouit d’un tel pouvoir qu’il peut se permettre de porter tout ce qui lui plait sans que personne n’ose lui en faire la remarque. Ce qui nous autorisait une certaine dose de fantaisie.”

Les quelques Ă©clats de rouge qui parsèment cet ensemble quasi incolore ont une fonction symbolique et un impact dramatique dĂ©libĂ©rĂ©s : “Nous avons optĂ© pour un look monochrome, et dĂ©cidĂ© que la couleur rouge n’apparaĂ®trait jamais sans raison valable”, indique la chef dĂ©coratrice Kristi Zea. “Le rouge envoie au spectateur un signal d’alerte subliminal, il prĂ©figure toujours un Ă©vĂ©nement dramatique.” La lettre X, omniprĂ©sente, a la mĂŞme fonction symbolique, en hommage explicite au SCARFACE de Howard Hawks : “Marty m’a demandĂ© de l’introduire un peu partout dans le dĂ©cor : sur les fenĂŞtres, les murs, le sol”, rĂ©vèle Zea. “C’est le signe de la mort”, rappelle Michael Ballhaus. “Marty en a glissĂ© des quantitĂ©s, y compris dans certains Ă©clairages, parfois très discrètement, parfois de manière un peu moins subtile.”

Et Martin Scorsese de conclure : “William Monahan est un Irlandais de Boston, qui a choisi très logiquement de placer l’intrigue et les personnages des INFILTRÉS dans un milieu qu’il connaĂ®t bien. Mais cette histoire qui parle de confiance et de trahison, de tromperie et de loyautĂ©,pourrait se passer n’importe oĂą.”

avatar A propos de l'auteur : fandecine (217 Posts)

Administrateur du site Ciné Blog. Passionné de S-F, fan d'Isaac Asimov et Philip K. Dick, j'ai créé en 2005 le site Fan de Cinéma. J'aime le cinéma de Kubrick, de Tim Burton, de terry Giliams et de Ridley Scott. Je suis en général plutôt bon public et je ne m'attache pas tant à la facture des films qu'a l'histoire qui m'est contée. En dehors de ma passion pour le cinéma, je dirige une petite Web Agency.


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