Articles Commentaires

Cine Blog » Films » Le Labyrinthe de Pan, au cinĂ©ma le 1er Novembre 2006

Le Labyrinthe de Pan, au cinéma le 1er Novembre 2006

L’Histoire

Espagne, 1944. La guerre civile est finie depuis 5 ans.Carmen, rĂ©cemment remariĂ©e,s’installe avec sa fille OfĂ©lia chez sonnouvel Ă©poux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l’armĂ©e franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement Ă  sa nouvelle vie, elle dĂ©couvre près de la grande maison familiale un mystĂ©rieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une Ă©trange crĂ©ature magique, va lui rĂ©vĂ©ler qu’elle n’est autre que la princesse disparue d’un royaume enchantĂ©. Afin de dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©, OfĂ©lia devra accomplir trois dangereuses Ă©preuves, que rien ne l’a prĂ©parĂ©e Ă  affronter…

Le Labyrinthe de PanGénèse

Un an de prĂ©paration, quatre mois de tournage et six mois de post-production ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires Ă  Guillermo del Toro pour concrĂ©tiser Le Labyrinthe de Pan , qui est, de son propre aveu, son film le plus abouti et celui dont il est le plus fier. Bien qu’il s’agisse de son sixième film en tant que rĂ©alisateur, la gĂ©nèse du Labyrinthe de Pan remonte au tout dĂ©but de sa carrière, avant mĂŞme qu’il ne rĂ©alise son premier long-mĂ©trage, Cronos. “À la base, le scĂ©nario du Labyrinthe de Pan ressemblait Ă  ma toute première version de L’Échine du Diable , et aurait dĂ» ĂŞtre mon tout premier film si j’avais rĂ©ussi Ă  trouver le budget nĂ©cessaire pour le rĂ©aliser Ă  l’Ă©poque. Il y Ă©tait question de la rĂ©volution espagnole et l’histoire parlait d’une jeune femme enceinte qui rejoignait son mari dans une maison restaurĂ©e par ce dernier. En visitant la demeure, la future mère dĂ©couvrait un jardin en forme de labyrinthe, oĂą elle croisait un satyre. Elle faisait l’amour avec la bĂŞte qui lui proposait de sacrifier son enfant pour que le labyrinthe puisse fleurir. Si la femme avait acceptĂ©, elle aurait vĂ©cu pour l’Ă©ternitĂ© aux cĂ´tĂ©s du satyre. MĂŞme si au final, des ressemblances demeurent, la nouvelle version du Labyrinthe de Pan est malgrĂ© tout très diffĂ©rente, mon cĂ´tĂ© sentimental ayant finalement pris le dessus”.

“Le Labyrinthe de Pan, Ă  l’instar de L’Échine du Diable, se dĂ©roule en pleine pĂ©riode franquiste, et traite donc du fascisme, de son essence mĂŞme. Pas de manière directe, mais plutĂ´t de façon transversale, quelque peu codĂ©e, car j’aime les films qui donnent Ă  rĂ©flĂ©chir. Ă€ mes yeux, le fascisme est une reprĂ©sentation de l’horreur ultime et c’est en ce sens un concept idĂ©al pour raconter un conte de fĂ©es destinĂ© aux adultes. Car le fascisme est avant tout une forme de perversion de l’innocence, et donc de l’enfance. Pour moi, le fascisme reprĂ©sente en quelque sorte la mort de l’âme car il vous force Ă  faire des choix douloureux et laisse une trace indĂ©lĂ©bile au plus profond de ceux qui l’ont vĂ©cu. C’est d’ailleurs pour cette raison que le vĂ©ritable “monstre” du film est le Capitaine Vidal, qui est incarnĂ© Ă  l’Ă©cran par Sergi Lopez. Un monstre bien rĂ©el comparĂ© Ă  ceux qui Ă©voluent dans le labyrinthe. Le fascisme vous consume Ă  petit feu, pas forcĂ©ment physiquement, mais au moins spirituellement. Cette idĂ©e se trouvait dĂ©jĂ  au coeur mĂŞme de L’Échine du Diable, mais je pense l’avoir encore mieux traitĂ©e dans Le Labyrinthe de Pan, qui est un film encore plus sombre, bien plus complexe et mĂ©taphorique“.

Comme souvent dans l’oeuvre de del Toro, ses  principales rĂ©fĂ©rences sur Le Labyrinthe de Pan ne proviennent pas forcĂ©ment des films qui l’ont profondĂ©ment marquĂ© mais plus volontiers de la littĂ©rature et de la peinture.

Le Labyrinthe de Pan“J’ai toujours Ă©tĂ© très influencĂ© par le peintre espagnol Goya et plus particulièrement par sa sĂ©rie des peintures noires, qui sont pour moi les plus belles et les plus impressionnantes de sa carrière. Le tableau de Saturne dĂ©vorant son fils, par exemple, fut une de mes principales sources d’inspiration pour crĂ©er le Pale Man, un des protagonistes du Labyrinthe. Mais pour ce qui est de l’ambiance gĂ©nĂ©rale, je me suis cette fois basĂ© sur les travaux de l’illustrateur Arthur Rackham. J’ai essayĂ© de renouer avec la perversitĂ© et le contenu très sexuel de son oeuvre. On obtient alors quelque chose de très intense et de très viscĂ©ral, ce qui Ă©tait parfait pour Le Labyrinthe. Cela nous a demandĂ© beaucoup de travail dans la construction des dĂ©cors, qui devaient ĂŞtre très dĂ©taillĂ©s, et dans le choix des couleurs. Avec Eugenio Caballero, mon directeur artistique, nous avons donc tout inventĂ© de A Ă  Z, du moindre recoin d’une pièce Ă  une chambre complète. Il n’y a ainsi pratiquement aucun dĂ©cor naturel dans le film. Nous avons travaillĂ© en Ă©troite collaboration depuis le premier jour de prĂ©paration. J’avais mĂŞme installĂ© mon bureau en plein milieu de son atelier ! Au total, nous avons construit 34 dĂ©cors diffĂ©rents, tous plus riches les uns que les autres. Eugenio a accompli un travail fabuleux. Il fallait Ă©galement, pour retranscrire cet univers tel que je le souhaitais, apporter un soin particulier et mĂ©ticuleux Ă  l’ambiance lumineuse du film. Avec Guillermo Navarro, mon directeur de la photographie et ami de longue date, nous nous comprenons parfaitement. Dès le dĂ©part, nous avions une vision très prĂ©cise des tonalitĂ©s du film. Nous Ă©tions conscients que tout devait se jouer sur l’obscuritĂ© de manière Ă  crĂ©er un sentiment de menace tapie dans les tĂ©nèbres. Il fallait Ă©galement aborder le monde rĂ©el et le monde imaginaire diffĂ©remment. Le premier se devait d’ĂŞtre froid, voire glacial, alors que le second serait beaucoup plus chaud et colorĂ© d’un point de vue esthĂ©tique”.

Dans les contes de fĂ©es, toutes les histoires parlent  soit d’un retour Ă  l’enfance (le paradis, le foyer) soit d’un Ă©garement dans le monde et de l’affrontement de son propre Dragon. Nous sommes tous des enfants dĂ©ambulant Ă  travers notre propre fable. La conception du monde imaginaire oĂą se rĂ©fugie Ofelia et oĂą Ă©volue Pan a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  Carlos GimĂ©nez pour les croquis, et Ă  David Marti et sa sociĂ©tĂ© Efectos Especiales pour leur donner forme et vie. Tous deux avaient dĂ©jĂ  travaillĂ© avec del Toro sur L’Échine du Diable.

“Carlos GimĂ©nez, qui a remplacĂ© William Stout au pied levĂ©, s’est chargĂ© de dessiner le labyrinthe tandis que Sergio Sandoval, qui avait dĂ©jĂ  crĂ©Ă© les diffĂ©rents masques de Kroenen pour Hellboy, s’est concentrĂ© sur les crĂ©atures, et notamment Pan. Pour ce personnage, que je souhaitais le plus organique possible, couvert de feuillages et de branches sur le bas du corps, comme s’il faisait partie intĂ©grante de la nature, nous avons utilisĂ© une technique d’effets spĂ©ciaux qui Ă  mon sens n’a encore jamais Ă©tĂ© vue dans un film. De manière Ă  ce qu’il soit le plus rĂ©aliste possible, nous n’avons pratiquement pas eu recours aux effets numĂ©riques. Tout a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en direct sur le plateau, Ă  l’aide d’animatroniques, ce qui est une première dans l’histoire du cinĂ©ma espagnol, surtout pour une crĂ©ature aussi complexe. Pour le Pale Man, j’imaginais juste au dĂ©part un vieil homme Ă  la peau flasque abondante ; David Marti a rĂ©alisĂ© une première sculpture selon mes instructions, et j’ai trouvĂ© qu’il ne faisait pas peur. J’ai alors eu l’idĂ©e d’en faire un personnage totalement surrĂ©aliste en effaçant son visage et en plaçant ses yeux dans le creux de ses paumes, ce qui le rend beaucoup plus effrayant maintenant. Mais mĂŞme avec ces effets spĂ©ciaux très Ă©laborĂ©s, ces deux crĂ©atures n’auraient pas eu le mĂŞme impact sans l’interprĂ©tation de mon ami Doug Jones, un mime professionnel qui incarnait dĂ©jĂ  Abe Sapien dans Hellboy, . Et ce n’est pas tout ! Il y a encore d’autres crĂ©atures dans le film, notamment une grenouille gĂ©ante et des fĂ©es comme vous n’en avez encore jamais vues, autrement plus malines et sournoises que celles de Peter Pan !”.

MalgrĂ© cet artifice visuel des plus magnifiques et novateurs, Guillermo del Toro n’a jamais eu l’intention de faire du Labyrinthe de Pan uniquement un film fantastique : “J’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© le mĂ©lange des genres. Comme combiner l’horreur au rĂ©cit historique par exemple. Pour moi, Le Labyrinthe est donc un drame ancrĂ© dans un contexte de guerre oĂą viennent se greffer des Ă©lĂ©ments fĂ©eriques et mythologiques. MĂŞme s’il y a de très belles crĂ©atures que j’affectionne tout particulièrement, Ă  mes yeux, ce n’est pas pour autant le plus important. Ce film repose avant tout sur une histoire des plus Ă©mouvantes, profondĂ©ment humaine et mĂ©lodramatique. Une histoire qui soulève des questions universelles qui nous concernent tous. Afin d’y parvenir, j’ai Ă©tĂ© cherchĂ© des idĂ©es et des Ă©motions au plus profond de moi-mĂŞme pendant le processus d’Ă©criture du scĂ©nario, qui est la phase la plus intime dans la confection d’un film”.

Derriere la Caméra

 

Guillermo del Toro

Guillermo del Toro

Guillermo del Toro – RĂ©alisateur / ScĂ©nariste / Producteur

D’origine mexicaine, Guillermo del Toro est nĂ© le 9 octobre 1964 Ă  Guadalajara, dans l’Ă©tat de Janisco, oĂą il sera Ă©levĂ© en grande partie par sa grand-mère, une femme catholique très conservatrice. Dès son plus jeune âge, il manifeste une attirance singulière pour le cinĂ©ma, et plus particulièrement pour le genre fantastique et les films d’horreur gothiques. Parmi ceux qui l’ont rĂ©ellement marquĂ©, on trouve aussi bien Les Hauts de Hurlevent de William Wyler que Taxi Driver de Scorsese, ou encore Le Masque du DĂ©mon de Mario Bava, La Nuit des Morts-Vivants de Romero ainsi que bon nombre de films produits dans les annĂ©es 60 par la Hammer. Il commence alors Ă  rĂ©aliser ses propres courts-mĂ©trages Ă  8 ans, Ă  l’aide d’une camĂ©ra Super 8, tout en suivant sa scolaritĂ© dans un institut jĂ©suite pour garçons et en nourrissant le rĂŞve de devenir un jour metteur en scène.

Pourtant, c’est vers les effets spĂ©ciaux que del Toro va tout d’abord se tourner, en s’exilant aux Etats-Unis, oĂą il suivra les cours de techniques de maquillage avancĂ©es de l’Ă©minente Ă©cole de Dick Smith, Ă  qui l’on doit les effets spĂ©ciaux de classiques tels que L’Exorciste, Scanners ou encore Les PrĂ©dateurs de Tony Scott avec Bowie et Deneuve.

De retour dans son pays d’origine, en 1986, alors qu’il n’a que 21 ans, del Toro se voit offrir un poste de producteur sur le film Dona Herlinda and Her Son de son mentor Jaime Humberto Hermosillo, un des rĂ©alisateurs mexicains les plus rĂ©putĂ©s de ces 20 dernières annĂ©es. Parallèlement, il monte sa propre sociĂ©tĂ© d’effets spĂ©ciaux, Necropia, qui lui permettra de participer, de près ou de loin, Ă  plus de 20 longs-mĂ©trages parmi lesquels Bandidos, Coitas ou Mentiras Piadosas, et plus particulièrement Ă  la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e Hora Marcada, une sorte de version mexicaine des Contes de la Crypte. C’est Ă©galement Ă  cette Ă©poque qu’il commence Ă  enseigner le cinĂ©ma dans des universitĂ©s tout en poursuivant une carrière de journaliste. Il travaille notamment pour des magazines aussi prestigieux et pointus que Sight & Sound et Village Voice, et publie mĂŞme un livre sur l’oeuvre d’Alfred Hitchcock, un de ses rĂ©alisateurs prĂ©fĂ©rĂ©s.

En 1992, après avoir longtemps oeuvrĂ© pour la tĂ©lĂ©vision mexicaine, del Toro parvient enfin Ă  rĂ©unir le budget nĂ©cessaire Ă  la rĂ©alisation de son premier long-mĂ©trage, Cronos. Relecture moderne du vampirisme, Cronos est immĂ©diatement acclamĂ© par la critique Ă  travers le monde et remporte de nombreux prix dans diffĂ©rents festivals, notamment le prix de la critique Ă  Cannes et l’Ă©quivalent du CĂ©sar du meilleur film au Mexique. DĂ©jĂ , Cronos se dĂ©marque du reste de la production et impose le style unique de son auteur, tant au niveau de la narration que de la mise en scène. Cronos marque Ă©galement la première collaboration entre Guillermo del Toro et Ron Perlman, un de ses acteurs fĂ©tiches, qu’il dirigera Ă  nouveau Ă  deux reprises, dans Blade 2 et Hellboy, .

Le Labyrinthe de PanLe succès d’estime de Cronos lui permet, cinq ans plus tard, d’accĂ©der Ă  son premier film hollywoodien, en rĂ©alisant Mimic pour le compte de Miramax, dans lequel Mira Sorvino tente d’enrayer une invasion de cafards ayant Ă©voluĂ© au point de prendre apparence humaine. Pour Guillermo del Toro, qui est alors en total dĂ©saccord avec Miramax, Mimic est une mauvaise expĂ©rience qui lui permet nĂ©anmoins d’apprendre de ses erreurs. Il rentre au Mexique pour fonder sa propre sociĂ©tĂ© de production, Tequila Gang, de manière Ă  avoir dĂ©sormais un meilleur contrĂ´le sur ses films. C’est lĂ  que les frères Almodovar, conscients du talent de del Toro, lui proposent de venir rĂ©aliser un petit film d’horreur en Espagne. FrustrĂ© par son expĂ©rience amĂ©ricaine, il accepte immĂ©diatement leur proposition et en profite pour faire un film beaucoup plus personnel. Ce sera L’Échine du Diable, qu’il a en tĂŞte depuis plus de 15 ans, avant mĂŞme d’avoir eu l’idĂ©e de Cronos. Sous couvert d’un film de fantĂ´me, il signe une oeuvre profondĂ©ment humaine sur des enfants confrontĂ©s Ă  un climat de guerre. Ă€ l’instar de Cronos, L’Échine du Diableremporte lui aussi de nombreux prix, dont ceux du jury et de la critique internationale au festival Fantastic’Arts de GĂ©rardmer en 2002.

L’annĂ©e suivante, rĂ©conciliĂ© avec Hollywood, del Toro accepte de rĂ©aliser Blade 2, la suite du film de Norrington avec Wesley Snipes, adaptĂ© d’un comic-book Ă©ditĂ© par Marvel. Blade 2 s’impose immĂ©diatement comme un Ă©norme succès au box office, au-delĂ  mĂŞme des espĂ©rances de New Line. Un succès qui lui permet d’enchaĂ®ner directement avec une autre adaptation de comics, celle d’Hellboy, de Mike Mignola, qu’il tente dĂ©sespĂ©rĂ©ment de monter depuis sept ans, considĂ©rĂ©e aujourd’hui comme une des meilleures adaptations de comic-book. Pour mener Hellboy, Ă  terme, il refuse la direction de Blade : Trinity et d’Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban. Ce dernier Ă©choue finalement Ă  Alfonso CuarĂłn, celui qu’il surnomme si affectueusement son “compadre” et avec qui il vient de s’associer pour produire plusieurs films, motivĂ© par leurs associations passĂ©es sur L’Échine du Diable et CrĂłnicas de Sebastian Cordero.

PrĂ©sentĂ© en sĂ©lection officielle Ă  Cannes, Le Labyrinthe de Pan marque ainsi leur troisième collaboration et le retour de del Toro en Espagne, cinq ans après L’Échine du Diable. OEuvre totalement originale qu’il mĂ»rit depuis plus de 20 ans, Le Labyrinthe de Pan est Ă©galement son film le plus personnel, le plus abouti, le plus Ă©motionnellement chargĂ© et le plus grand public, Ă  ce jour. Une oeuvre complexe et rare dans le panorama cinĂ©matographique actuel. Actuellement, del Toro travaille Ă  la suite d’Hellboy, avec son crĂ©ateur Mike Mignola, toujours pour Columbia et avec Ron Perlman dans le rĂ´le titre, ainsi qu’Ă  At the Mountains of Madness d’après une nouvelle de Lovecraft, qu’il dĂ©veloppe depuis maintenant plusieurs annĂ©es.

Devant la Caméra

 

 

Sergi Lopez

Sergi Lopez

Sergi Lopez – Capitaine Vidal

NĂ© le 22 dĂ©cembre 1965 Ă  Vilanova i la Geltru, un petit village cĂ´tier de la province de Barcelone, Sergi LĂłpez est un adolescent qui prĂ©fère largement suivre des cours de comĂ©die et de cirque plutĂ´t que ceux qu’on enseigne dans les Ă©coles classiques. Il monte ses propres pièces avec une troupe d’amis et part s’inscrire Ă  la prestigieuse Ecole Internationale de Théâtre de Jacques Lecoq, Ă  Paris, dont l’enseignement est centrĂ© sur le travail corporel. C’est lĂ  qu’il rencontre le rĂ©alisateur Manuel Poirier en 1992, qui lui offre immĂ©diatement un rĂ´le dans La Petite Amie d’Antonio. Ce film vaut Ă  Sergi LĂłpez de remporter le Prix Michel Simon en 1993 et marque le dĂ©but d’une longue collaboration avec le metteur en scène puisqu’ils tourneront sept autres longs-mĂ©trages ensemble : A la Campagne (1994), Attention Fragile (1995), Marion (1996), Western (1997), qui remporte le Prix du Jury au Festival de Cannes et pour lequel l’acteur est consacrĂ© Meilleur Acteur au Festival International du Film de Catalogne et nominĂ© pour le CĂ©sar du Meilleur Espoir Masculin, Te Quiero (2000), Les Femmes… ou les Enfants d’abord (2001) et enfin Chemins de Traverse (2003). Sergi LĂłpez va partager sa carrière entre la France et l’Espagne et rester fidèle Ă  plusieurs rĂ©alisateurs, Ă  savoir Ventura Pons (Caresses en 1997 et Seconde Chance en 2000), Luis Miguel Albaladejo (Ataque Verbal en 1999 et Une Chance pour Miguel en 2001) et Marion Vernoux (Rien Ă  faire en 1999 et Reines d’un Jour en 2001). Il va aussi rĂ©gulièrement tenir des rĂ´les d’hommes ambigus ou de sociopathes, dont celui d’Harry dans Harry, un ami qui nous veut du bien de Dominik Moll, qui lui permet d’obtenir le CĂ©sar du Meilleur Acteur en 2001 et d’accĂ©der dĂ©finitivement Ă  la cĂ©lĂ©britĂ©. Parmi ses autres rĂ´les marquants, on retiendra ceux de Lisboa d’Antonio Hernandez, Entre les Jambes de Manuel Gomez Pereira, Une Liaison Pornographique oĂą il est face Ă  Nathalie Baye, DĂ©calage Horaire de Danièle Thompson, Filles Perdues, Cheveux Gras de Claude Duty, Rencontre avec le Dragon d’HĂ©lène Angel, Dirty Pretty Things de Stephen Frears, Janis et John de Samuel Benchetrit, Les Mots Bleus d’Alain Corneau et Toreros d’Eric Barbier, dans lequel il partageait dĂ©jĂ  l’affiche avec Maribel VerdĂş, qu’il retrouve aujourd’hui au gĂ©nĂ©rique du Labyrinthe de Pan.

 

 

Ariadna Gil

Ariadna Gil

Ariadna Gil – Carmen

NĂ©e le 23 janvier 1969 Ă  Barcelone, Ariadna Gil, qui a tournĂ© dans plus de 40 films, est la fille d’un Ă©minent avocat. Enfant, elle prend des cours de chant, de danse classique et de violon puis s’oriente vers le théâtre et la tĂ©lĂ©vision Ă  l’âge de 17 ans après avoir posĂ© en couverture d’un magazine avant-gardiste. C’est Ă  cette Ă©poque, en 1986, que Bigas Luna la remarque et lui offre son premier rĂ´le au cinĂ©ma dans Lola. Elle sera dĂ©finitivement rĂ©vĂ©lĂ©e au grand public en 1991 dans Amo tu Cama Rica, une comĂ©die dans laquelle elle donne la rĂ©plique Ă  Javier Bardem, puis l’annĂ©e suivante avec la comĂ©die romantique Belle Epoque de Fernando Trueba oĂą elle jouait aux cĂ´tĂ©s de PenĂ©lope Cruz. C’est Ă  ce moment qu’elle rencontre l’acteur-rĂ©alisateur David Trueba, le frère de Fernando, avec qui elle se marie. Suivent alors plusieurs films qui remporteront un Ă©norme succès au box-office espagnol, ou mĂŞme français : MĂ©caniques CĂ©lestes de Fiora Torres, Libertarias de Vincente Aranda, Don Juan de Jacques Weber, Deuxième Nature de GĂ©raldo Vera, Le Baiser de l’Ours de Sergei Bodrov, Jet Set de Fabien Onteniente, Manifesto de Joaquin Oristrell, La Vierge de la Luxure d’Arturo Ripstein et plus rĂ©cemment L’EnvoĂ»tement de ShanghaĂŻ de Fernando Trueba et Soldados de Solamina de son mari David Trueba.

 

Ivana Baquero – Ofelia

Ivana Baquero

Ivana Baquero

Jeune actrice espagnole tout juste âgĂ©e de 11 ans, Ivana Baquero compte dĂ©jĂ  quatre films Ă  son actif, tous produits par la sociĂ©tĂ© espagnole Filmax International, et plus prĂ©cisĂ©ment pour leur filiale consacrĂ©e au cinĂ©ma de genre, la Fantastic Factory. Elle fait ainsi ses dĂ©buts dans L’Enfer des Loups (Romasanta) de Paco Plaza, rĂ©alisateur qu’elle a rĂ©cemment retrouvĂ© pour les besoins de The Baby’s Room, un film destinĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision espagnole. On a Ă©galement pu la voir dans Rottweiler de Brian Yuzna, et dernièrement dans Fragile de Jaume BalaguerĂł aux cĂ´tĂ©s de Calista Flockhart. Dans Le Labyrinthe de Pan, Ivana Baquero interprète Ofelia, une jeune fille qui tente d’Ă©chapper Ă  la dure rĂ©alitĂ© de la rĂ©pression fasciste de l’Espagne franquiste en se rĂ©fugiant dans un monde imaginaire de sa propre crĂ©ation.

 

Maribel VerdĂş – Mercedes

Maribel VerdĂş

Maribel VerdĂş

De son vrai nom Maria Isabel VerdĂş Rollan, cette actrice espagnole est nĂ©e le 2 octobre 1970 Ă  Madrid de mère mannequin et de père reprĂ©sentant, et suit une scolaritĂ© très stricte dans un collège de bonnes soeurs. Enfant, elle voulait devenir professeur, puis dĂ©tective privĂ©, ou alors actrice qui tiendrait des rĂ´les de professeur ou de dĂ©tective ! Mais alors qu’elle n’a que 13 ans, sa mère l’inscrit dans la mĂŞme agence qu’elle et elle est immĂ©diatement embauchĂ©e pour poser dans de nombreux magazines et tourner des publicitĂ©s. C’est en l’espace de quelques mois qu’elle dĂ©marre sa carrière d’actrice, lorsque le producteur Jaime Fernandez Cid la remarque. Il pense alors immĂ©diatement Ă  elle pour donner la rĂ©plique Ă  Victoria Abril dans le tĂ©lĂ©film El Crimen del Capitan Sanchez . Deux ans plus tard, en 1986, elle dĂ©croche son premier grand rĂ´le au cinĂ©ma dans L’AnnĂ©e des Lumières de Fernando Trueba. Elle compte aujourd’hui plus de 50 films Ă  sa carrière, parmi lesquels : 27 Horas de Montxo Armendariz, Macho de Bigas Luna, Toreros d’Eric Barbier ou encore Goya de Carlos Saura. Mais le rĂ´le qui l’a rĂ©ellement rendue cĂ©lèbre, c’est celui de Luisa CortĂ©s, qu’elle tient en 2001 face Ă  Diego Luna dans Y Tu Mama Tambien, un film d’Alfonso CuarĂłn. Également co-producteur du Labyrinthe de Pan, Alfonso CuarĂłn a jouĂ© un rĂ´le dĂ©terminant dans le choix de Maribel VerdĂş pour incarner Mercedes, la gouvernante en charge de la demeure du Capitaine Vidal.

 

Doug Jones – Pan / Le Pale Man

Doug Jones

Doug Jones

Le plus jeune d’une famille de quatre enfants, Doug Jones, qui mesure 1m92, est nĂ© le 24 mai 1960 Ă  Indianapolis aux Etats-Unis. Il fait sa scolaritĂ© Ă  la Bishop Catard High School puis Ă  la Ball State University d’Indianapolis, d’oĂą il ressort diplĂ´mĂ© en tĂ©lĂ©communications et en théâtre. Parallèlement, pour son plaisir, il Ă©tudie l’art du mime sans se douter qu’il en fera un jour carrière. Après avoir participĂ© Ă  quelques pièces de théâtre, il quitte Indianapolis pour aller vivre Ă  Los Angeles en 1985 et se lancer dans le cinĂ©ma. Il tourne d’abord dans une poignĂ©e de sĂ©ries B (Night Angel, Carnal Crimes, Magic Kid…) avant de dĂ©crocher le rĂ´le d’un des hommes de main de Danny DeVito dans Batman le DĂ©fi de Burton. Depuis, il ne cessera de tourner, dans plus de 90 publicitĂ©s et clips vidĂ©o, notamment pour Madonna et Marilyn Manson, ainsi qu’une quarantaine de films et sĂ©ries tĂ©lĂ© parmi lesquelles Les Experts, Les Contes de la Crypte ou encore Le Protecteur. Sa prestation dans l’Ă©pisode “Un Silence de Mort ” de la sĂ©rie Buffy Contre les Vampires lui vaudra d’ailleurs deux nominations aux Emmy Awards. Au cinĂ©ma, on a pu le voir, recouvert d’un maquillage ou Ă  visage humain, dans : Mystery Men aux cĂ´tĂ©s de Ben Stiller, La Machine Ă  Explorer le Temps de Gore Verbinsky et Simon Wells, Men in Black 2 de Barry Sonnenfeld, Adaptation de Spike Jonze et plus rĂ©cemment Doom d’Andrzej Bartkowiak. Pour del Toro, Doug Jones avait dĂ©jĂ  personnifiĂ© un des cafards Ă  apparence humaine de Mimic , et surtout Abe Sapien, l’humanoĂŻde aquatique d’Hellboy, . Dans Le Labyrinthe de Pan, il incarne deux personnages, le Pale Man, ainsi que Pan, pour lequel il a dĂ» apprendre Ă  parler l’espagnol ancien.

avatar A propos de l'auteur : fandecine (217 Posts)

Administrateur du site Ciné Blog. Passionné de S-F, fan d'Isaac Asimov et Philip K. Dick, j'ai créé en 2005 le site Fan de Cinéma. J'aime le cinéma de Kubrick, de Tim Burton, de terry Giliams et de Ridley Scott. Je suis en général plutôt bon public et je ne m'attache pas tant à la facture des films qu'a l'histoire qui m'est contée. En dehors de ma passion pour le cinéma, je dirige une petite Web Agency.


ClassĂ© dans : Films · Mots-ClĂ©s: ,

Contenus sponsorisés
loading...

Commentaires Clos.